Le hacker du SDIS du Tarn condamné : les dessous d’une intrusion numérique

L’intrusion dans le serveur intranet du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) du Tarn a conduit à une enquête complexe qui s’est soldée par une condamnation avec sursis pour un expert en sécurité informatique. Retour sur cette affaire où technicité et légalité se sont affrontées.

Une intrusion vite détectée

En juin 2023, entre le 19 et le 21, le système intranet du SDIS du Tarn a subi une série de connexions non autorisées. Ces intrusions ont permis l’ajout de plus d’une centaine de fichiers sur le serveur, perturbant temporairement l’accès contrôlé à certaines informations sensibles. Bien que détectées rapidement, ces actions ont généré des inquiétudes justifiées quant à la robustesse des dispositifs de sécurité internes.

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Identification des auteurs

L’enquête policière a identifié deux adresses IP reliées aux actes de piratage : l’une appartenant à une société américaine spécialisée en sécurité informatique, l’autre à un ingénieur en cybersécurité résidant dans le Tarn. Cet ingénieur, ancien employé du département informatique de SDIS 81, avait quitté ses fonctions en 2017 après un contentieux porté devant un tribunal administratif. Lors de son arrestation, il a avoué avoir réalisé un scan de vulnérabilités sur le serveur du SDIS sans autorisation préalable.

Les enjeux du procès

Le 6 juin 2024, le tribunal correctionnel d’Albi a jugé l’affaire. Le défendeur faisait face à des accusations d’accès non autorisé et d’introduction frauduleuse de données dans un système automatisé. Sa défense, soutenue par Me Ledieu, un avocat parisien spécialisé en droit numérique, contestait la gravité des accusations. Selon lui, l’utilisation des identifiants par défaut “admin admin” ne constituait pas véritablement une infraction criminelle. Il a également affirmé qu’aucune preuve tangible n’était apportée démontrant que son client avait déposé les fameux fichiers sur le serveur.

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Justice

Argument de la défense

La défense a invoqué la négligence de la part du SDIS, pointant du doigt la fragilité de leur système de sécurité et soulignant que de tels accès étaient inévitablement facilités par la faiblesse des mesures de protection. Le fait que l’ingénieur ait pu accéder facilement au serveur avec des crédentiels par défaut servait à renforcer cet argument.

Réactions du SDIS

De leur côté, les représentants du SDIS ont exprimé leur incompréhension face au silence prolongé de l’accusé lors de ses auditions. Ils ont mis en avant le coût financier important engendré par la mobilisation des techniciens pour sécuriser à nouveau le système, chiffré à plus de 3000 euros.

Aspect financier

Au-delà des implications techniques, c’est aussi la dimension financière de cette affaire qui a pesé dans les débats. La réparation des systèmes et le rétablissement d’un niveau de sécurité adéquat ont occasionné des dépenses conséquentes pour les services concernés.

Cette affaire met en lumière les défis multiples auxquels font face les infrastructures critiques comme celle du SDIS. Si la sécurité informatique est une priorité, elle nécessite constamment des mises à jour et une vigilance accrue. Par ailleurs, ce cas souligne également la frontière ténue entre l’éthique professionnelle et l’illégalité dans le domaine de la cybersécurité. La condamnation de l’ingénieur, bien que suspendue, sert de rappel de l’importance de respecter les protocoles et autorisations nécessaires avant de tester ou intervenir sur des systèmes sensibles.

Impact futur

En guise de leçon, cette affaire pourrait pousser les entités semblables à reconsidérer leurs pratiques de sécurité et à encourager des audits réguliers afin de garantir une première ligne de défense solide contre les cybermenaces. Pour les professionnels de l’informatique, cela rappelle l’importance cruciale de suivre scrupuleusement les procédures établies et de demeurer informés des conséquences juridiques potentielles liées à leurs actions.

Laurent Amar CEO & Co Founder @FranceVerif

Doctorat Paris Sorbonne.
Expert en cybersécurité et lutte contre les fraudes et arnaques.
Co-créateur de la 1ère Intelligence Artificielle analysant la fiabilité des sites internet avec un taux d'efficacité de 99,86%.
Co-fondateur de France Verif, 1ère Intelligence Artificielle de Cybersécurité à destination des particuliers.

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